R400400C. Paracelsus.
La Revue Des Deux Mondes, April 1840, pp. 127–133.
As reprinted in The Brownings’ Correspondence, 4, 418–420.
du théatre en angleterre. Paracelse (Paracelsus, a drama) est d’autant plus digne de remarque, que son mérite a passé à peu près inaperçu en Angleterre. Rarement un poète a perdu plus de pensée, d’éclat, de pathétique et de profondeur dans une création sans avenir, mais non sans puissance. Comme essai dramatique, c’est le néant même. A peine éclos, vite oublié, noyé dans les dissertations d’une esthétique nuageuse et dans les périphrases d’un style prolixe, ce livre doit être signalé cependant comme une très belle analyse psychologique et morale.
L’auteur a voulu mettre en scène un révolutionnaire de la science et intéresser le lecteur aux vicissitudes de sa pensée. Le personnage de Paracelse était bien choisi; il représente tout un mouvement de civilisation. Fils du xixe siècle, nous sommes étonnés de celui qui s’opère sous nos yeux; au commencement du xvie, il s’en fit un bien plus étrange dont le nôtre n’est que le développement, et dont nous suivons encore l’impulsion. Alors paraissent en même temps Cardan, rédacteur de magnifiques formules géométriques; Copernic, qui dit au soleil comme Josué: Arréte-toi! Corneille Agrippa, qui soutenait en 1510 la même thèse que Jean-Jacques en 1750; Luther, Calvin et Melancthon. Par eux, toute la vieille autorité est ébranlée. Les évolutions du monde nouveau vont s’opérer sur un nouvel axe. Je ne pardonne pas à Voltaire de s’être moqué de Cardan et d’avoir abaissé Luther. Qu’était-il, Voltaire, qui cultivait le doute; qu’était-il, auprès de ceux qui en avaient hardiment jeté le premier germe dans le sol de l’Europe? Le plus original de ces personnages étranges fut, sans aucun doute, Paracelse, qui renouvela la médecine et créa la chimie moderne, nécromant, sorcier, alchimiste, charlatan; Paracelse, qui se vanta d’avoir trouvé la pierre philosophale et la quadrature du cercle, et qui enfermait le démon dans le pommeau de son épée. L’ardeur de la science, la fièvre de connaître, le besoin de la gloire, précipitèrent à travers toutes les folies, tous les voyages, tous les ridicules, cette intelligence enflammée. C’est Faust réduit à la réalité, n’écoutant d’autre Méphistophélès que ses passions et son amour-propre, entouré d’ennemis, d’envieux et d’admirateurs, plein de mépris pour l’espèce humaine, qui est si facile à tromper, irrité jusqu’au délire de notre impuissance à pénétrer les secrets de la vie; aux yeux des uns, ange de lumière; aux yeux des autres, fils de l’enfer; à ses propres yeux, être incomplet et impuissant; pour l’histoire et l’avenir, éngime. [p. 128→]
La beauté et la difficulté de cette analyse ont séduit l’imagination de Robert Browning. Le drame intérieur, qui se joue chez tous les hommes célèbres et grands, et qui prend un caractère de frénétique beauté chez un personnage tel que Paracelse, moitié sublime et moitié fou, a exercé sur le jeune poète, dont l’intelligence est évidemment subtile et profonde, une fascination irrésistible; il a tenté d’en faire l’œuvre précisément la plus opposée à la nature même de ses pensées et de son sujet, une pièce de théâtre. Il n’y a pas de plus étrange petit livre que le sien. Descendant en ligne directe de Wordsworth pour la dissection métaphysique des idées, de Goethe pour la poésie plastique et extérieure, et de Byron pour le scepticisme, l’auteur a cru que ces élémens, précieux d’ailleurs, feraient un drame. En effet, ce sont des scènes, et il n’y manque, pour que l’œuvre soit dramatique, qu’une toute petite chose, le drame. Au premier acte, Paracelse déclare à ses amis qu’il veut chercher, au péril de son bonheur, la science et la gloire. Au second acte, ayant beaucoup voyagé, il découvre que la science n’est pas tout, qu’elle tue l’amour, et que sans l’union des deux facultés, amour et intelligence, l’ame humaine languit et meurt. Au troisième acte, il revient en Europe, professe la médecine à Bâle, atteint la gloire, augmente son crédit en mystifiant les hommes, et retombant sur lui-même avec plus de douleur que jamais, reconnaît la misère de ces trois ruines dont il est possesseur, science incomplète, amour impuissant, gloire menteuse. Au quatrième acte, il redescend de ses sublimes inspirations, demande à la volupté terrestre l’oubli de son ennui et de ses peines, retrouve quelque paix et quelque espérance dans la foi vulgaire et dans l’abnégation de l’orgueil, et finit par mourir à l’hôpital de Salzburg. Tout cela se passe entre quatre personnes, ou plutôt ce n’est qu’un monologue en deux mille vers, interrompu par quelques questions incidentes. Festus, l’homme simple et l’ami dévoué; Michal, sa femme; Aprile, jeune homme beau comme Apollon, symbole de la poésie et des arts, ne prennent la parole de temps en temps que pour donner à Paracelse l’occasion de plonger le scalpel dans sa propre pensée, d’interroger l’immensité de ses désirs, le désespoir de ses efforts et le dédain que lui inspirent son succès et l’admiration du genre humain. Voilà tout. Jamais drame n’osa se présenter avec de tels élémens. Nul mouvement, nulle péripétie, nulle catastrophe; rien qu’une élégie éloquente, suivant dans son cours tortueux la vie de Paracelse, comme le soleil et les nuages marquent d’ombre et de lumière le Rhin tombant en nappes bouillonnantes, disparaissant sous [p. 129→] les rochers, ou se développant comme un large miroir qui étincelle. Par un renversement singulier de l’art dramatique, vous n’apercevez plus dans cette œuvre aucune action visible. Le phénomène extérieur des passions et des caractères humains s’évanouit. Il fait place au phénomène intérieur d’une pensée qui s’étudie et d’une ame qui se creuse.
Nous signalons ce résultat bizarre comme le dernier terme de l’abus métaphysique si naturel à la muse du Nord. Le drame d’escamotage habile que les Français ont adopté récemment, le drame d’incidens et de passion que les Espagnols ont porté si haut vers le commencement du xvie siècle, occupent l’extrémité opposée du diamètre. Shakspeare penche, mais sans excès, vers l’observation métaphysique du Nord; Calderon, sacrifiant au contraire la pensée à l’action et à la couleur, gravite aussi d’un autre côté vers le point central et vers la perfection de l’art. Quant à l’auteur nouveau dont nous parlons, philosophe et poète remarquable, il faut le nier comme dramaturge.
Prenons-le donc pour ce qu’il est, non pour ce qu’il croit être. Comme œuvre d’analyse philosophique, son prétendu drame est rempli de talent. La poésie des images y est jetée à pleines mains sur la subtilité des pensées. Manfred et Faust ne renferment pas de plus beaux passages que certains fragmens de ce Paracelse, obscurci par tant de divagations inutiles et construit sur un plan insoutenable. Nous donnerons pour exemple la rencontre et le dialogue de Paracelse et d’Aprile, symboles, l’un de la science, l’autre de l’amour, du besoin de connaître qui veut pénétrer tous les secrets du monde visible et invisible, de l’amour s’assimilant à tous les genres de beauté, et produisant la poésie, la musique et les arts.
—Qui es-tu (demande Aprile à Paracelse), homme profond et inconnu?
Paracelse.—Je suis le mortel qui aspire à connaitre.—Et toi?
Aprile.—Je voudrais aimer infiniment et être aimé.
Paracelse.—Esclave! je suis ton roi.
Aprile.—Ah! Dieu t’a bien partagé. L’idéal que je poursuis me fuit sans cesse. Mon désir est immense, et le feu qui me brûle me consume sans me satisfaire. Toi, génie attentif et patient, tu acquiers toujours, tu amasses sans cesse. Ah! malheureux! malheureux que je suis!
Paracelse.—Calme-toi, je te l’ordonne au nom de la puissance que j’ai sur toi. Je veux te connaître, je veux savoir ce que tu désires.
Aprile.—Ne te l’ai-je pas dit? Je n’ai qu’un but, qu’un désir: aimer! Toutes les belles formes du monde, je voudrais les reproduire dans le marbre, dans la pierre et dans le bronze. Ah! si je pouvais! si je pouvais! rien n’échapperait à ma sympathie; la nymphe, ame secrète des chênes séculaires, le ma- [p. 130→] jestueux vieillard à longue barbe, le jeune homme dans sa première beauté, l’athlète aux muscles nerveux, la femme plus souple, plus moelleuse et plus blanche que le cygne; toutes les passions, tous les désirs, toutes les idées; la laideur même et sa beauté, qui est l’énergie, voilà ce que je voudrais saisir et créer d’un mot. O Dieu! permets-moi de les reproduire, ces beautés que poursuit mon inutile amour, forêts, vallées, miroir de l’Océan, lacs étincelans sous le soleil qui naît, et vous, labyrinthes de bronze, pyramides de pierre, villes peuplées d’hommes, et vous, agitations, passions, cruautés, ambitions, dont le cœur se nourrit et dont il meurt! Qui me donnera des couleurs pour tout exprimer, et des paroles pour tout reproduire, et des notes musicales pour imiter les mouvemens mystérieux de l’ame et les inconnus balancemens des planètes! qui me permettra d’épuiser tout ce que le monde et la vie offrent à l’admiration et à l’amour, jusqu’à ce que Dieu me reprenne à lui, lui l’éternel amour! (Paracelse soupire.)
Aprile.—Tu soupires? Tu n’es donc pas mon roi! Tu n’as point passé par mes épreuves; tu n’as pas souffert de mes souffrances.
Paracelse.—Continue.
Aprile.—Tu n’as pas, comme moi, arrêté ton regard sur le soleil idéal jusqu’à devenir aveugle. Tu as cherché la cause de tout, et non la sympathie et l’amour des choses divines. On prétend qu’il y a partout des squelettes, dans les fleurs, dans les arbres, dans les étoiles même qui resplendissent là-haut. Ces squelettes, tu les a cherchés. En es-tu plus heureux?
Paracelse.—Non.
Aprile.—Tu t’occupes à démeubler la nature, moi je la meuble. Cette société des hommes avec leurs lois et leurs coutumes est pour moi une île déserte. J’y bâtis mon palais comme je puis. La réalité est vulgaire, je la transforme. Les coquillages amassés au bord de la mer sont mes diamans, les branches des arbres sont les arcades de mon palais, le jonc tressé remplace le tapis de pourpre, l’imagination est ma servante, et l’opulente fée obéit à toutes mes volontés. Amour universel, sympathie sans bornes! Dans le cœur du paysan et du berger, je découvre une pensée qui est l’essence de la poésie; et ce qu’il y a de plus vulgaire au monde, la branche desséchée qui tombe dans les cavernes de ma poésie, en sort parée de cristaux qui brillent au soleil. O maître orgueilleux, as-tu ce pouvoir? N’as-tu jamais senti cette ivresse? N’as-tu jamais été conduit au désespoir par l’aspiration vers la beauté, et des milliers de fantômes n’ont-ils pas flotté devant toi pour te mener au précipice? N’as-tu pas compris l’impuissance des sons pour reproduire les accens de l’ame, celle des couleurs et des formes, celle des rhythmes et des mots? N’as-tu pas vu que plus la pensée grandit et s’élève, plus la parole devient faible et débile? Dis-moi cela, mon seigneur?
Paracelse.—Le désir de connaitre a son impuissance; l’homme n’est que faible poussière!
Aprile.—Tu pleures! toi, des larmes! toi, le maître! toi, le roi!
Paracelse.—Nous sommes misérables tous deux. Apprends à connaitre, et que Dieu m’apprenne à aimer. Qu’il nous pardonne à tous deux, êtres ambitieux et impuissans! Nous avons rêvé, Aprile, et nous nous éveillons. Nous sommes deux voyageurs transportés dans un monde de féerie et qui se retrouvent tout à coup auprès de leur foyer. Nous portons les cicatrices du voyage, mais nous avons aussi les bracelets d’or et les colliers de perles dont nos bras ont été [p. 131→] parés. J’ai cherché la science, comme tu as cherché l’amour; aveugle comme toi! L’amour n’est rien sans la science, ni la science sans l’amour. Cependant nos conquêtes nous restent; j’ai la puissance; tu as la beauté. Hélas! nous nous éveillons cependant, et l’expiation nous attend l’un et l’autre.
Aprile.—Je le vois, Dieu est la poésie complète.
Paracelse.—Dieu est la science parfaite. Les deux moitiés de l’idéal se réunissent en lui seul. Faibles et fous que nous sommes! mortels débiles! nous avons voulu les atteindre en les isolant. Nous sommes trop punis!
Ce qu’il y a d’élévation et de profondeur dans ces pages n’a pas besoin de commentaire. Paracelse, représentant l’ardeur de connaître au commencement du xvie siècle, c’est-à-dire à une époque de renouvellement total où la pensée humaine changeait de peau comme le serpent, offre au philosophe un spectacle d’un intérêt immense. C’est, je l’ai dit, un révolutionnaire de la pensée; il ne voit que l’avenir, il n’a foi qu’aux nouvelles espérances qui animent le genre humain. Il veut savoir, non le passé qu’il rejette, mais ce qui est et ce qui sera. Il veut connaitre, non les livres, non l’érudition proprement dite, mais le présent, mais l’avenir, mais l’essence des êtres. Il rompt à jamais avec les connaissances acquises par les autres nations et les autres temps, avec les maximes et les conquêtes des sages d’autrefois.
«La vérité n’est-elle pas en nous-mêmes? (dit-il dans le poème). Il y a en nous tous un point central où l’intime vérité réside dans sa plénitude. Autour d’elle, s’élèvent des remparts qui l’environnent et l’obstruent; la chair et les sens dérobent la flamme de la vérité à nos propres yeux. Connaitre, c’est délivrer la vérité captive; c’est ouvrir une issue au rayon secret et caché qui est en nous.»
Paracelse n’admettra donc rien de ce qui est convenu; plein de courage et de foi en lui-même, chevalier d’aventure, rejetant tous les anciens naturalistes et tous les vieux philosophes, il se met à courir le monde pour dégager, au moyen de l’expérience active, cette vérité cachée. Plus il avance, plus cette soif de savoir s’augmente et s’irrite; à mesure qu’elle s’abreuve, elle devient plus ardente. Paracelse rit des hommes qui l’admirent, il rit de les voir redoubler d’enthousiasme quand il les trompe; il prend en pitié sa gloire et son école:—
«Vous avez vu ce matin, dit-il à Festus son ami, la foule qui se pressait autour de ma chaire! Parbleu! ce n’est pas merveille d’exciter leurs bravos et de faire battre leurs cœurs. Mes principes sont simples; je détruis et je nie. Toutes les fois qu’on nie ce que la foule et les âges ont accepté, la foule est là béante, sans haleine, l’œil hagard, les cheveux hérissés, attendant le tonnerre qui va frapper ses idoles. Comptons un peu mes admirateurs: voyons! D’abord ceux qu’attirent la curiosité, l’étonnement, la nouveauté, rien de plus; puis la race [p. 132→] nombreuse des sots qui veulent des miracles; je leur en donne. Ensuite vient le nombreux bataillon de ceux qui haïssent les institutions établies et les écoles adoptées, toujours prêts à seconder l’homme qui attaque, jusqu’à ce que, victorieux à son tour, ayant planté le drapeau de sa doctrine, il les voie se retourner contre lui. Jetez sur cette cohue une infusion considérable d’indifférens qui profitent de la circonstance; esprits madrés, trop habiles pour s’opposer au courant des opinions, flatteurs adroits qui caresseront et protégeront mon système, charmés de lui donner un développement absurde qui le tuera!
«Pourquoi grossir la liste? Tous ces gens ont leur intérêt à servir, et la vérité leur importe peu. Restent peut-être douze ou quinze pauvres hères qui aiment sincèrement la science, qui ont foi au pouvoir de la vérité; ceux-là méritent ma sympathie et mes efforts: ce n’est pas la peine d’en parler!»
Voilà comment le réformateur apprécie ceux qui l’admirent. Ainsi se juge lui-même, au milieu de sa gloire, ce révolutionnaire et ce novateur. Il n’a pas touché le but qu’il voulait atteindre; il n’a pas découvert le grand mystère de la vie et du monde. La couronne qu’il a obtenue, c’est la réputation, et il la méprise. L’ombre de sa gloire lui fait peur et pitié:
«Je la sais bien, dit-il, je suis en avant de mon siècle. Je suis un de ces flots précurseurs qui viennent battre le rivage, long-temps avant que la multitude des vagues le suive et recouvre la côte. Je sais bien quelle sera ma destinée. On usera de ma pensée en la niant, on montera sur mon cadavre en le déshonorant. Orgueil ou vanité, je n’ai rien voulu devoir à mes ancêtres; on ne voudra rien me devoir. J’ai détruit, on me détruira; c’est juste. J’ai élevé un échafaudage sur lequel on montera pour découvrir de nouvelles régions de la science. Que m’importe après tout? J’aurai accompli mon destin, Dieu fera le reste!»
Convaincu de la vanité de la science et de celle de la gloire, Paracelse cherche enfin le plaisir; il se plonge dans les délices sensuelles et trouve en échange de sa dernière tentative le mépris des hommes qui se vengent ainsi de ses dédains. Lorsque, malade et mourant sur son grabat de l’hôpital, à Salzburg, Paracelse retrouve auprès de lui Festus, le cordial et simple ami qui ne l’a jamais abandonné, l’auteur touche tout à coup à l’effet dramatique, et l’atteint naïvement par une invention très simple et très belle.
Paracelse, sur son lit de mort.—Parle-moi! Que j’entende ta voix! Chante quelque vieille ballade. Je ne veux point songer au passé, je ne veux point rêver! … Parle-moi.
Festus, chantant.—«Le Mein est un fleuve charmant dont les flots coulent doucement, à travers les vallons, à travers les prairies; et ses petits flots qui bruissent font la musique la plus douce. Il coule, il coule paresseux sous le soleil qui brille, au milieu des gazons, au milieu des joncs et des charmantes primevères; et de temps à autre l’abeille rase ses vagues en bourdonnant, et [p. 133→] le martin-pêcheur qui plane, avec son plumage de feu, y baigne le bout de son aile quand midi sonne au clocher des hameaux…»
Paracelse.—Mon cœur, mon cœur s’éveille et se desserre lorsque j’entends cette chanson de la jeunesse; les ténèbres passent, le serpent noir qui me pressait l’ame se déroule enfin et me quitte. Ah! Festus, je respire! c’est toi, c’est toi!
Après cet admirable mouvement, Festus console son ami, dont l’agonie s’éclaire d’un rayon d’espoir sublime:
«Esprit souverain (lui dit son ami), maître, créateur, inventeur, ceux qui raillent les convulsions de ta vie se moqueront de l’Etna dont les profondeurs bouillonnent. Je t’ai connu, moi! je te comprends, je te suis fidèle. Je t’ai vu surgir et lutter. Je te vois mourir. O Dieu puissant, que je sois traité comme il le sera. Si tu m’avais créé fort comme lui, j’aurais failli comme lui; advienne que pourra, je suis avec lui, je suis pour lui! … Dieu! nous nous présentons ensemble devant toi: punis-nous, ou récompense-nous ensemble!»
Paracelse, œuvre qui porte, comme on le voit, toutes les traces d’un esprit supérieur, mais que déparent la diffusion, l’incohérence, le vague des détails et le défaut de concentration dans la forme, ne se rapproche du drame que par son titre.
Philarète Chasles
Reviewed:
Paracelsus (RB), London: Effingham Wilson, 1835.
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