SD2083. Joseph Milsand to William Henry Darley
Published in The Brownings’ Correspondence, 24, 263 (in part).
9 rue Servandoni
30 Mai 1857
Mon cher Darley
J’attendais avec impatience de vos nouvelles et je remercie Françoise d’avoir pris soin de m’en donner. Il ne faut pas vous laisser décourager par la mauvaise phase que vous traversez—c’est maintenant l’époque de la puberté de l’année; et je m’en sens tristement moi-même. J’ai eu une horrible quinzaine d’abattement et de tristesse. Attendons patiemment comme c’est le devoir des patraques—si je n’avais pas été aussi bas, je vous aurais certainement écrit depuis plusieurs jours: car j’avais une raison pour le faire. Le jeudi ou le vendredi après mon départ, j’avais passé chez vous; il venait d’arriver à votre adresse une lettre et un journal. J’ai cru devoir vous les envoyer à Fontainebleau—mais je ne me rappellais pas l’adresse des Delles Hamerton, et sur votre lettre comme sur votre journal j’ai écrit cette périphrase: M Darley chez Melle Hamerton, maison des bains grande Rue. Fontainebleau. Comme Françoise ne me dit pas que vous ayez rien reçu j’ai peur maintenant que mon indication n’ait pas suffi: excusez-moi de ne vous avoir pas mis de suite en état de faire des réclamations à la poste de Fontainebleau.
Mais j’espère qu’il est temps encore de les faire s’il y a lieu. Je tâcherai de passer de nouveau chez vous demain ou après demain.
Il n’y a toujours rien de nouveau pour les Corkran; il avait d’abord été question d’une société qui voulait acheter le journal; puis Corkran m’avait parlé d’un nouvel acquéreur, cette fois un individu et lundi dernier il s’attendait à recevoir dans deux ou trois jours la nouvelle d’une solution; mais jeudi dernier j’ai été le voir à son bureau et il n’avait encore rien appris.
Pas de nouvelles d’Yvert à qui j’ai écrit cependant depuis votre départ.
Il paraît que Mme Browning est longue à se remettre; et il y a peu de probabilités qu’elle et son mari viennent nous voir cet été comme ils l’avaient projeté.
Présentez je vous prie mes bonnes amitiés aux Delles Hamerton; et si Miss Maria veut se contenter d’une intention, dites-lui que j’avais plus d’une fois pensé à lui écrire pour la tenir au courant.
Les nouvelles de chez moi sont bonnes.
Ces derniers jours j’ai été surpris par une visite à laquelle j’étais loin de m’attendre, celle de Salel. Il a été délégué par les avoués de Nîmes pour réclamer en leur nom contre un projet de tarif qui réduirait les honoraires des avoués. Il est fort engraissé et il a les cheveux presque entièrement blancs; mais de manières il est peu changé. Je n’ai fait du reste que l’entrevoir. Il est très occupé et il m’avait dit qu’il m’écrirait, quand il serait libre, pour me donner un rendez-vous. Comme je n’entendais pas parler de lui, j’ai tâché un matin de le surprendre au nid—je l’ai trouvé au milieu d’une conférence et j’ai dû retourner chez moi pour y attendre son rendez-vous. Voilà déjà quatre jours de cela.
Au revoir mon cher Darley, et faites-moi écrire de nouveau par Françoise. Je souhaite que vous trouviez comme moi une consolation à montrer le poing à la girouette.
Tout à vous d’affection.
J Milsand
P.S. Je retrouve dans mes vieilles lettres, une lettre de Miss Maria qui me donne son adresse.
Address: Monsieur / W. H. Darley / Chez Melles Hamerton / 29 rue Basse / Fontainebleau.
Publication: None traced.
Manuscript: Armstrong Browning Library, Joseph Milsand Archive.
Translation:
9 rue Servandoni
30 May 1857
My dear Darley
I was waiting impatiently for your news, and I thank Françoise for having taken the trouble to send it to me. You must not let yourself be discouraged by the phase you are going through—it is now the time of the year’s puberty; and I feel melancholy myself. I have had a horrible fortnight of depression and melancholy. Let us wait patiently, as is the duty of the dilapidated—if I had not been so low, I would certainly have written you several days ago: for I had a reason to do so. The Thursday or Friday before my departure, I spent at your house; a letter and a newspaper came to your address. I thought I should send them to you at Fontainebleau—but I did not remember the Misses Hamertons’ address, and on your letter as on your newspaper I wrote this approximation: Mr Darley, care of Miss Hamerton, Maison des Bains, Grande Rue, Fontainebleau. Since Françoise did not tell me that you had received anything, I now fear that my indication was not adequate; pardon me for not having immediately put you in a position to call for them at the Fontainebleau post office.
But I hope there is still time to do so if necessary. I will try to stop by your house again tomorrow or the next day.
There is still no news in regard to the Corkrans; at first there was talk of a company which wanted to buy the newspaper; then Corkran spoke to me about a new purchaser, this time an individual, and last Monday he was expecting to receive news of a resolution in two or three days; but last Tuesday I sent to see him at his office, and he still had learned nothing.
No news about Yvert, to whom I wrote, however, after your departure.
It seems that Mrs. Browning is recovering slowly; and there is little chance that she and her husband will come to see us this summer, as they had planned
Please give my regards to the Misses Hamerton; and if Miss Maria will be content with an intention, tell her that several times I thought or writing her to keep her up to date.
News from my house is good.
Recently I was surprised by a visit I was not expecting at all, one from Salel. He was delegated by the lawyers of Nîmes to protest in their name against a proposed tariff which would have reduced the lawyers’ fees. He is much fatter, and his hair is almost entirely white; but his mannerisms are little changed. However, I did little but catch a glimpse of him. He is very busy and said he would write when he was free, to set up a meeting. Since I did not hear anything from him, I tried one morning to surprise him at his nest—I found him in the middle of a conference, and I had to return home to wait there for him to come. That was four days ago.
Goodbye, my dear Darley, and do write me again through Françoise. I hope you, like me, will find comfort in shaking a fist at the weathervane.
Affectionately yours
J. Milsand
P.S. I find among my old letters a letter from Miss Maria which gives her address.
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