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SD2837.  Joseph Milsand & Laure Milsand to Philibert Milsand

As published in The Brownings’ Correspondence, 32, 348 (in part).

[St. Aubin sur Mer].

16 Sep. 1866

Mon cher frère

Cela ne m’étonne pas que tu aies été fatigué de ton voyage. D’une seule traite tu n’as guère fait moins de 120 lieues– Mais j’espère que tu es remis maintenant, et que tu jouis de te reposer dans ton Villers-les-pots. Pour ma part, avec Fillon j’ai fait pendant que tu roulais une excursion charmante: et je regrette fort que tu n’aies pas voulu accepter mon plan. Après t’avoir quitté nous avons passé la nuit dans notre hôtel de Trouville. Le lendemain dès huit heures nous avons traversé un bac qui tout à côté de la plage où nous avons cherché des coquillages conduit sur l’autre rive de la Touques et pour commencer nous avons vu Deauville qui est comme une collection de toutes les formes de chalet et de maisons de fantaisie que l’on peut imaginer. C’est un village des mille et une nuits: pas une maison pauvre. Rien que des traces d’opulence. Entre autres nous avons remarqué une sorte de construction à la romaine avec des portiques couverts de terres cuites, de fresques, &c

De Deauville en avançant toujours le long de la plage nous sommes arrivés à Villers un autre lieu de bains à la mode mais plus pastoral. Il était dix heures: et au moment même de notre arrivée nous avons été rejoints par la voiture de Trouville à Beuzeval, où nous sommes montés. En une heure elle nous a fait traverser une langue de terre montueuse, et remplie de paysages charmants pour nous déposer enfin à Houlgate où avons déjeuné.– Houlgate et Beuzeval qui se touchent sont encore deux villages d’opéra comique placés à l’entrée d’un vallon encore plus pittoresque et aussi vert que celui de Trouville. Malgré la pluie qui nous a assailli de midi à trois heures nous avons pu prendre un bain: et nous avons encore eu le temps de visiter à pieds Dives et Cabourg. Ainsi en une seule journée, comme je l’avais combiné dans ma tête (et j’en suis un peu fier) nous avons pu expédier tous les lieux de bain en renom de notre côté: et le soir un omnibus nous ramenait à 9 heures à la porte de notre hôtel à Caen. Je suis sûr que cette promenade t’aurait charmé. Le seul plaisir de voir se succéder tant de constructions de fantaisies et toutes si jeunes, si fraîches, si joliment placées dans les sites les plus agréables, vallait [sic] bien la peine d’une excursion à pieds de trois lieues.

Depuis mon retour le temps est à la pluie fine. Notre sentier est un cloaque; et Septembre, mon horreur, se fait sentir dans l’air.– C’est étrange. Avant ton arrivée rien que du mauvais temps, depuis ton départ rien que du mauvais temps– Nous n’avons eu que les 8 ou 10 beaux jours que tu nous as apportés.

L’idée de faire le voyage de Bretagne me talonne de nouveau. C’est peut-être l’effet de septembre qui m’enlève mon désir d’écrire. J’ai grande idée, si les Brownings doivent rester au Croisic jusqu’en Octobre, que je me déciderai vers le 15 à aller les voir pour de là gagner Dijon. Car j’ai presque renoncé à mener en Bourgogne mes femmes. La saison va être avancée et elle est humide. Il ne vaut guère la peine de faire les frais du voyage pour ne plus avoir à passer à Villers que de vilains temps de pluie. Laure d’ailleurs a peur des araignées: elle voudrait avant d’affronter l’hiver dans notre château avoir le temps de le mettre un peu en état. (Tu vois le changement que le temps (de pluie) apporte dans les idées). Moi j’aimerais autant que mon sérail restât ici, disons jusqu’au milieu d’octobre pour attendre que le choléra disparût de Paris.

En raison de mon projet de voyage tu me feras plaisir, si la chose est possible, de m’envoyer trois et même quatre cents francs et envoie-le-moi le plus tôt possible.

Ta nièce et Laure vont bien: Mais si tu n’écris pas à ta nièce elle chargera Catherine de t’enfermer dans ta chambre jusqu’à ce que tu aies dégagé ta parole. Nous allons perdre les Rivey qui s’en vont ce soir. As-tu fait à Mme Roux des compliments sur son garçon et lui as-tu dit combien il avait fait notre bonheur. Fais à toute la famille nos amitiés.– Pour les vendanges tu ne ferais pas mal d’envoyer des poêles dans les vignes. Tu n’as pas oublié les noix j’espère.

Tout à toi de cœur

J Milsand

[Contined by Laure Milsand]

Mille amitiés mon cher très beau frère, mes souvenirs à Mr Roux ainsi qu’à votre Télémaque, dites-lui que les nymphes de St Aubin le demandent chaque jour aux échos d’alentour. L’écho leur répond qu’il s’est enfui dans l’île de Chypre près de Villers-les-pots, et les pauvres Nymphes de s’informer en vain quel train conduit à l’île de Chypre l’amant. Voilà bien de tes coups!

Publication: None traced.

Manuscript: Armstrong Browning Library, Joseph Milsand Archive.

Translation:

[St. Aubin sur Mer]

16 Sept. 1866

My dear brother

I am not surprised that you are tired after your journey. In one fell swoop you did scarcely less than 120 leagues. But I hope that you are recovered now, and that you are enjoying resting at your Villers-les-pots. For my part, while you were on the road Fillon and I had a delightful outing, and I really regret that you did not want to accept my plan. After leaving you we spent the night in our hotel in Trouville. The following day at eight o’clock we took a ferry, which right next to the beach where we looked for seashells, goes to the other shore of the Touques and to begin with we saw Deauville which is like a collection of every kind of chalet and fancy house one could imagine. It is a village from the Thousand and One Nights: not a single poor house. Nothing but traces of opulence. Among other things we saw a sort of Roman-style structure with porticoes covered with terra-cotta, frescoes, &c

From Deauville, still continuing along the beach we arrived at Villers, another bath resort, fashionable but more pastoral. It was ten o’clock, and right when we arrived we were joined by the Trouville to Beuzeval coach, which we got on. In an hour it took us across a hilly spit of land full of charming landscapes to drop us off finally at Houlgate where we had lunch.– Houlgate and Beuzeval which touch each other are two more villages from a comic opera situated at the mouth of a little valley which is still more picturesque and green than that of Trouville. In spite of the rain which assailed us from noon to three o’clock we were able to bathe, and we still had time to visit Dives and Cabourg on foot. Thus in a single day, as I had worked it out in my head (and I am rather proud of it) we were able to check off all the renowned bath resorts in our area, and in the evening another omnibus took us at 9 o’clock to the door of our hotel in Caen. I am sure you would have been delighted with this outing. Just the pleasure of seeing so many fancy structures, and all so new, so fresh, so attractively located at the most pleasant sites, was well worth walking three leagues to make the excursion.

Since my return the weather is light rain. Our path is muck; and one can feel my dreaded September in the air. It is strange. Before your arrival, nothing but bad weather, since your departure nothing but bad weather. We have had only the 8 or 10 nice days you brought us. The idea of making the trip to Brittany is hounding me again. Perhaps it is the effect of September which takes away my desire to write. I have a great notion, if the Brownings are supposed to stay in Croisic until October, that I will decide to go see them around the 15th and return from there to Dijon. Because I have almost given up on taking my women to Burgundy. The season is going to be well along and it is wet. It is hardly worth making the expenses of the trip to have nothing in Villers but awful rainy weather. Besides, Laure is afraid of spiders. Before facing winter in our château she would like to have the time to put it more in shape. (You see the change in thinking that weather (rain) brings.) I would just as soon have my harem stay here, let us say until the middle of October, to wait until the cholera in Paris has disappeared.

Because of my travel plans, I would like it if you would send me, if possible, three and even four hundred francs and send it to me as soon as possible.

Your niece and Laure are doing well, but if you do not write to your niece she will ask Catherine to shut you up in your room until you have kept your word. We are going to lose the Riveys who are leaving this evening. Have you complimented Mme Roux on her boy and have you told her how happy he makes us. Give our greetings to the whole family. For the harvest, it would not be a bad idea to send some stoves to the vineyards. You have not forgotten the nuts, I hope.

Yours

J Milsand

[Continued by Laure Milsand]

Many greetings my dear, very handsome brother. Remember me to Mr Roux as well as to your Telemachus, tell him that the Nymphs of St Aubin ask for him every day from the echoes here. The echo replies that he has fled to the island of Cyprus near Villers-les-pots, and the poor Nymphs to inquire in vain what train takes the lover to the island of Cyprus. How like your blows!

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